Le coffre fort : 1Password

1Password est une application vous permettant de stocker, dans un endroit sûr, vos données personnelles. Cela va de la carte bancaire, aux clés de licences de logiciels, qu’aux utilisateurs et mots de passes des sites internet que vous consultez.

Cela fait maintenant des années que j’utilise 1Password sur mon Mac, sur mon iPhone et maintenant mon iPad. Tout ce petit monde se synchronisation à l’aide de Dropbox de manière fiable, rapide et transparente.

Je vous propose de faire le tour des différentes sections de l’application pour vous présenter ses fonctionnalités :

    • Logins : cette section permet d’enregistrer pour une URL donnée, le code utilisateur et le mot de passe fourni pour se connecter. Il est possible d’utiliser plusieurs comptes pour un site donné.
    • Accounts : cette section permet d’enregistrer les paramètres (de sécurité mais pas seulement) nécessaires à la connexion à :
      • un serveur FTP
      • une base de données
      • un compte mail
      • les Web Services d’Amazon
      • un service de messagerie instantanée
      • un service d’accès à Internet
      • MobileMe
      • d’autres services génériques
      • un serveur
      • iTunes
    • Wallet (le portefeuille) : cette section a pour vocation d’enregistrer toutes les informations de vos cartes bancaires

 

  • Notes : cette section offre la possibilité de rédiger des notes libres mais sécurisées. Personnellement c’est cette section que j’utilise le plus, car par habitude je regroupe par exemple dans une seule note mes informations confidentielles professionnelles, ou mes numéros d’assurance/sécu.

 

 

  • Passwords : cette section permet de générer et de conserver des mots de passes. L’application vous génère un mot de passe en fonction de vos contraintes (longueur, numérique uniquement…) et vous donne le niveau de sécurité de ce mot de passe. Ensuite ce mot de passe peut être enregistré et associé à une action (site internet, note …).

 

 

  • Software : cette section permet de conserver les clés de protection associées à certains logiciels, ou même de conserver la trace de ce logiciel (version achetée, prix, éditeur, date d’acquisition…).

 

 

Voici de manière synthétique mais complète les fonctionnalités de ce logiciel que je vous recommande. Il est rapide, fiable et visiblement très bien pensé d’un point de vue de la sécurité. Par exemple, des petits paramètres de l’application vous permette de choisir la durée avant que l’application s’auto verrouille, la possibilité d’activer une double protection pour certaines données critiques (mes données de carte bancaire dans mon cas…).

C’est un logiciel que j’utilise de manière quotidienne, soit en consultation pour retrouve une information, soit pour conserver un code, un mot de passe ou certaines informations de manière sûres. Par ailleurs, la performance de son système de synchronisation à travers DropBox me permet d’avoir ces informations sur mes différents équipements très rapidement.

Bento – un gestionnaire de bases de données simple mais efficace

Il est toujours utile d’avoir un gestionnaire de bases de données à portée de main. Mais a propos, qu’est ce que c’est un gestionnaire de bases de données. Le produit bureautique de ce type le plus connus est certainement Microsoft Access. Ce sont des outils utiles pour avoir un inventaire sous la main, réaliser un suivi des événements ou même l’entretien de son véhicule.

Bento est l’un de ces outils. Il est issu du monde Mac. Son esthétique est directement inspirée de la version Mac, mais a été adaptée avec bonheur à l’iPad. L’ergonomie elle aussi, bien que classique rend est très pratique à l’usage sur l’iPad.

A la première ouverture de l’application, vous pouvez créer vos nouvelles Bibliothèques (les bases de données). Un nombre important de bases est disponible de manière native :

  • une base vierge
  • un gestionnaire de projets
  • le carnet d’adresse de l’iPad
  • un gestionnaire de tâches
  • un cahier de recettes
  • un suivi quotidien de votre régime
  • un suivi d’événement
  • un suivi des dossiers et des relations liées à des projets importants
  • un gestionnaire d’inventaire
  • un outil de planification d’événements en lien avec votre carnet d’adresse
  • un suivi de facturation des heures de travail
  • un suivi des détails concernant vos biens
  • un suivi des dépenses et des charges fiscales
  • un suivi des entrainements sportifs
  • un suivi de l’entretien de votre véhicule
  • un suivi des classes
  • une base de fichiers image, video et audio que vous souhaitez conserver
  • un gestionnaire de liste d’élèves
  • un suivi des adhésions
  • un suivi de produits que vous avez à vendre
  • un suivi des équipements à votre charge
  • un suivi des problèmes
  • un suivi des clients
  • un suivi de vos dons
  • un gestionnaire de remarques

Vous voyez déjà le nombre de modèles à votre disposition est important. De plus, vous pouvez complètement personnaliser la base créer. Ceci vous permet de gagner beaucoup de temps, lorsque vous avez un projet de création d’une base de donnée.

Pour ma part, il est rare que je parte d’une base complètement vierge. De plus, si vous avez Bento pour Mac vous pouvez rajouter les modèles présents sur votre Mac à ceux de votre iPad. Comme il est possible de télécharger des modèles disponibles sur le Net, le nombre de modèles à votre disposition est très élevé.

Une fois votre base créée, vous pouvez personnaliser le thème. 8 thèmes sont disponibles et élégants. Ils permettent de donner un style à votre base.

Cette étape étant réalisée, vous modifier les champs de votre base, directement à partir de l’écran de saisie. Vous pouvez ainsi changer le format des champs, et en rajouter ou en enlever à volonté. C’est aussi sur cet écran, que vous réaliser la mise en page de vos écrans de présentation et de saisie. Cette opération est intuitive et généralement rapide à réaliser.
Les types de champs classique sont disponibles :
  • texte
  • numérique
  • liste de choix
  • case à cocher
  • média (audio, video, image)
  • heure
  • date
  • durée
  • devise
  • classement (un nombre d’étoile)
  • adresse
  • numéro de téléphone
  • adresse email
  • URL
  • compte IM
  • donnée associées pour ajouter des champs d’autres bases de données

Ensuite, vous passez en mode saisie/consultation pour enrichir votre base et la consulter.
Bento est un outil relativement puissant, efficace, rapide, fiable et facile à prendre en main. Il ne permet pas de se connecter à des bases extérieures à l’iPad. En revanche, avec ou sans Mac, Bento permet de se créer et de transporter ses petites bases de données en toute autonomie.
Le Bento Mac est un plus, dans le sens où il permet de synchroniser nativement ses bases de données entre les deux mondes et de rajouter des modèles de Bibliothèque en fonction de ses besoins. Pour ma part, je ne me sert quasiment jamais de Bento sur mon Mac, alors que sur l’iPad j’en ai une utilisation beaucoup plus fréquente. Bento ne souffre d’aucune critique sérieuse.

J’ai pleuré ce matin…

Steve Jobs avait 56 ans. J’ai appris sa mort ce matin. J’en ai pleuré…

Et pourtant, ce n’est qu’une lointaine icône du paysage informatique, certes très médiatique ces dernières années, un peu trop même à mon goût, et pourtant j’ai le coeur gros en y pensant.

J’ai 40 ans, mais je me souviens comme hier de ce jour d’été avant mon entrée en 6eme et de ce numéro de Micro Systeme qu’un cousin plus âgé avait oublié à la maison. Je suis tombé dans la marmite ce jour-là.

Je vous passe après les détails, je passais mon temps libre sur tout ce qui se programmait et qui était dans mes moyens (de la TI-57 a la console VideoPac et autres possibilités de l’époque…) .
L’Apple II était déjà la…inaccessible…
C’était une forme de Graal pour moi, à la fois à cause de son prix et de ses possibilités…).

Quelques années plus tard, mon cousin (celui de la revue) s’est acheté l’Apple IIc (le transportable…). Quelle machine ! Le nombre d’heures que j’ai pu passer sur cet engin démoniaque est incroyable, au regard de mon âge, surtout que mes parents ne comprenaient pas ce que je faisais avec ces engins…

Quelque temps après, un oncle est venu passer le week-end à la maison. Là aussi je me souviens comme hier, du moment ou il a sorti d’un sac de sport son Macintosh. Ce petit écran gris, cette souris, le lecteur de disquette, ce design mono bloc et ce bip quand on l’allume…Et après… Bon sang, les fenêtres, les boîtes de dialogues, le Finder, une interface graphique léchée, un émerveillement pour le gamin que j’étais…

Quelques années plus tard, dans mon premier boulot, je travaillais sur des stations de travail Unix, principalement du Solaris ou du HP. Au détour d’un bureau, je tombe sur une station de travail NeXT que personne n’utilisait. Ni une ni deux, elle est devenu mon outil de travail pendant un an, le temps que j’arrive a quitter Paris et sa vie trépidante…
La aussi, le souvenir de cet ordinateur, de son coprocesseur 56000, de son microprocesseur Motorola, de son interface graphique, de ses capacités au regard des autres stations…
Est-ce que j’ai quelque chose de mieux aujourd’hui au travail ? Tout d’un coup le doute m’assaille ! Faisons le compte un Windows XP, un portable poussif et une suite Office 2002 :(… Probablement pas.
NeXT est le nom de la société fondée par Steve Jobs lorsqu’il s’est fait virer d’Apple. C’est aussi la société qui a été rachetée par Apple, lorsqu’il est revenu…
Il suffit de regarder le préfixe des API utilisées pour l’iPhone ou l’iPad encore maintenant, c’est NS du nom du système d’exploitation NextStep qui tournait sur les machines NeXT. C’est ce système qui est celui qui tourne sur nos Macs ou nos iPhone.

Steve Jobs était un homme, et donc avec énormément de défauts, il n’est pour moi, ni un dieux ni un Messi. Son attitude a certaines époques et son caractère sont dérangeant par certains aspects. Mais c’était un homme génial en matière de technologies…

Je le remercie humblement mais sincèrement et profondément pour ces moments d’intense émotion qu’ont procurés ses ordinateurs a l’enfant et au jeune homme que j’ai été…et je ne parle pas des plus récents qui font encore saliver l’homme que je suis devenu…

Au revoir et merci pour tout Steve…

Philippe.

Steve Jobs – 1955-2011 – discours à Stanford, 2005.

« C’est un honneur de me trouver parmi vous aujourd’hui et d’assister à une remise de diplômes dans une des universités les plus prestigieuses du monde. Je n’ai jamais terminé mes études supérieures. A dire vrai, je n’ai même jamais été témoin d’une remise de diplômes dans une université. Je veux vous faire partager aujourd’hui trois expériences qui ont marqué ma carrière. C’est tout. Rien d’extraordinaire. Juste trois expériences.
« Pourquoi j’ai eu raison de laisser tomber l’université »

La première concerne les incidences imprévues. J’ai abandonné mes études au Reed College au bout de six mois, mais j’y suis resté auditeur libre pendant dix-huit mois avant de laisser tomber définitivement. Pourquoi n’ai-je pas poursuivi ?
Tout a commencé avant ma naissance. Ma mère biologique était une jeune étudiante célibataire, et elle avait choisi de me confier à des parents adoptifs. Elle tenait à me voir entrer dans une famille de diplômés universitaires, et tout avait été prévu pour que je sois adopté dès ma naissance par un avocat et son épouse. Sauf que, lorsque je fis mon apparition, ils décidèrent au dernier moment qu’ils préféraient avoir une fille. Mes parents, qui étaient sur une liste d’attente, reçurent un coup de téléphone au milieu de la nuit : « Nous avons un petit garçon qui n’était pas prévu. Le voulez-vous ? » Ils répondirent : « Bien sûr. » Ma mère biologique découvrit alors que ma mère adoptive n’avait jamais eu le moindre diplôme universitaire, et que mon père n’avait jamais terminé ses études secondaires. Elle refusa de signer les documents définitifs d’adoption et ne s’y résolut que quelques mois plus tard, quand mes parents lui promirent que j’irais à l’université.
Dix-sept ans plus tard, j’entrais donc à l’université. Mais j’avais naïvement choisi un établissement presque aussi cher que Stanford, et toutes les économies de mes parents servirent à payer mes frais de scolarité. Au bout de six mois, je n’en voyais toujours pas la justification. Je n’avais aucune idée de ce que je voulais faire dans la vie et je n’imaginais pas comment l’université pouvait m’aider à trouver ma voie. J’étais là en train de dépenser tout cet argent que mes parents avaient épargné leur vie durant. Je décidai donc de laisser tomber. Une décision plutôt risquée, mais rétrospectivement c’est un des meilleurs choix que j’aie jamais faits. Dès le moment où je renonçais, j’abandonnais les matières obligatoires qui m’ennuyaient pour suivre les cours qui m’intéressaient.
Tout n’était pas rose. Je n’avais pas de chambre dans un foyer, je dormais à même le sol chez des amis. Je ramassais des bouteilles de Coca-Cola pour récupérer le dépôt de 5 cents et acheter de quoi manger, et tous les dimanches soir je faisais 10 kilomètres à pied pour traverser la ville et m’offrir un bon repas au temple de Hare Krishna. Un régal. Et ce que je découvris alors, guidé par ma curiosité et mon intuition, se révéla inestimable à l’avenir. Laissez-moi vous donner un exemple : le Reed College dispensait probablement alors le meilleur enseignement de la typographie de tout le pays. Dans le campus, chaque affiche, chaque étiquette sur chaque tiroir était parfaitement calligraphiée. Parce que je n’avais pas à suivre de cours obligatoires, je décidai de m’inscrire en classe de calligraphie. C’est ainsi que j’appris tout ce qui concernait l’empattement des caractères, les espaces entre les différents groupes de lettres, les détails qui font la beauté d’une typographie. C’était un art ancré dans le passé, une subtile esthétique qui échappait à la science. J’étais fasciné.
Rien de tout cela n’était censé avoir le moindre effet pratique dans ma vie. Pourtant, dix ans plus tard, alors que nous concevions le premier Macintosh, cet acquis me revint. Et nous l’incorporâmes dans le Mac. Ce fut le premier ordinateur doté d’une typographie élégante. Si je n’avais pas suivi ces cours à l’université, le Mac ne posséderait pas une telle variété de polices de caractères ni ces espacements proportionnels. Et comme Windows s’est borné à copier le Mac, il est probable qu’aucun ordinateur personnel n’en disposerait. Si je n’avais pas laissé tomber mes études à l’université, je n’aurais jamais appris la calligraphie, et les ordinateurs personnels n’auraient peut-être pas cette richesse de caractères. Naturellement, il était impossible de prévoir ces répercussions quand j’étais à l’université. Mais elles me sont apparues évidentes dix ans plus tard.
On ne peut prévoir l’incidence qu’auront certains événements dans le futur ; c’est après coup seulement qu’apparaissent les liens. Vous pouvez seulement espérer qu’ils joueront un rôle dans votre avenir. L’essentiel est de croire en quelque chose – votre destin, votre vie, votre karma, peu importe. Cette attitude a toujours marché pour moi, et elle a régi ma vie.
« Pourquoi mon départ forcé d’Apple fut salutaire »
Ma deuxième histoire concerne la passion et l’échec. J’ai eu la chance d’aimer très tôt ce que je faisais. J’avais 20 ans lorsque Woz et moi avons créé Apple dans le garage de mes parents. Nous avons ensuite travaillé dur et, dix ans plus tard, Apple était une société de plus de 4 000 employés dont le chiffre d’affaires atteignait 2 milliards de dollars. Nous venions de lancer un an plus tôt notre plus belle création, le Macintosh, et je venais d’avoir 30 ans.
C’est alors que je fus viré. Comment peut-on vous virer d’une société que vous avez créée ? C’est bien simple, Apple ayant pris de l’importance, nous avons engagé quelqu’un qui me semblait avoir les compétences nécessaires pour diriger l’entreprise à mes côtés et, pendant la première année, tout se passa bien. Puis nos visions ont divergé, et nous nous sommes brouillés. Le conseil d’administration s’est rangé de son côté. C’est ainsi qu’à 30 ans je me suis retrouvé sur le pavé. Viré avec perte et fracas. La raison d’être de ma vie n’existait plus. J’étais en miettes.
Je restais plusieurs mois sans savoir quoi faire. J’avais l’impression d’avoir trahi la génération qui m’avait précédé – d’avoir laissé tomber le témoin au moment où on me le passait. C’était un échec public, et je songeais même à fuir la Silicon Valley. Puis j’ai peu à peu compris une chose – j’aimais toujours ce que je faisais. Ce qui m’était arrivé chez Apple n’y changeait rien. J’avais été éconduit, mais j’étais toujours amoureux. J’ai alors décidé de repartir de zéro.
Je ne m’en suis pas rendu compte tout de suite, mais mon départ forcé d’Apple fut salutaire. Le poids du succès fit place à la légèreté du débutant, à une vision moins assurée des choses. Une liberté grâce à laquelle je connus l’une des périodes les plus créatives de ma vie.
Pendant les cinq années qui suivirent, j’ai créé une société appelée NeXT et une autre appelée Pixar, et je suis tombé amoureux d’une femme exceptionnelle qui est devenue mon épouse. Pixar, qui allait bientôt produire le premier film d’animation en trois dimensions, Toy Story , est aujourd’hui la première entreprise mondiale utilisant cette technique. Par un remarquable concours de circonstances, Apple a acheté NeXT, je suis retourné chez Apple, et la technologie que nous avions développée chez NeXT est aujourd’hui la clé de la renaissance d’Apple. Et Laurene et moi avons fondé une famille merveilleuse.
Tout cela ne serait pas arrivé si je n’avais pas été viré d’Apple. La potion fut horriblement amère, mais je suppose que le patient en avait besoin. Parfois, la vie vous flanque un bon coup sur la tête. Ne vous laissez pas abattre. Je suis convaincu que c’est mon amour pour ce que je faisais qui m’a permis de continuer. Il faut savoir découvrir ce que l’on aime et qui l’on aime. Le travail occupe une grande partie de l’existence, et la seule manière d’être pleinement satisfait est d’apprécier ce que l’on fait. Sinon, continuez à chercher. Ne baissez pas les bras. C’est comme en amour, vous saurez quand vous aurez trouvé. Et toute relation réussie s’améliore avec le temps. Alors, continuez à chercher jusqu’à ce que vous trouviez.
« Pourquoi la mort est la meilleure chose de la vie »
Ma troisième histoire concerne la mort. A l’âge de 17 ans, j’ai lu une citation qui disait à peu près ceci : « Si vous vivez chaque jour comme s’il était le dernier, vous finirez un jour par avoir raison. » Elle m’est restée en mémoire et, depuis, pendant les trente-trois années écoulées, je me suis regardé dans la gla-ce le matin en me disant : « Si aujourd’hui était le dernier jour de ma vie, est-ce que j’aimerais faire ce que je vais faire tout à l’heure ? » Et si la réponse est non pendant plusieurs jours à la file, je sais que j’ai besoin de changement.
Avoir en tête que je peux mourir bientôt est ce que j’ai découvert de plus efficace pour m’aider à prendre des décisions importantes. Parce que presque tout – tout ce que l’on attend de l’extérieur, nos vanités et nos fiertés, nos peurs de l’échec – s’efface devant la mort, ne laissant que l’essentiel. Se souvenir que la mort viendra un jour est la meilleure façon d’éviter le piège qui consiste à croire que l’on a quelque chose à perdre. On est déjà nu. Il n’y a aucune raison de ne pas suivre son cœur.
Il y a un an environ, on découvrait que j’avais un cancer. A 7 heures du matin, le scanner montrait que j’étais atteint d’une tumeur au pancréas. Je ne savais même pas ce qu’était le pancréas. Les médecins m’annoncèrent que c’était un cancer probablement incurable, et que j’en avais au maximum pour six mois. Mon docteur me conseilla de rentrer chez moi et de mettre mes affaires en ordre, ce qui signifie : « Préparez-vous à mourir. » Ce qui signifie dire à ses enfants en quelques mois tout ce que vous pensiez leur dire pendant les dix prochaines années. Ce qui signifie essayer de faciliter les choses pour votre famille. En bref, faire vos adieux.
J’ai vécu avec ce diagnostic pendant toute la journée. Plus tard dans la soirée, on m’a fait une biopsie, introduit un endoscope dans le pancréas en passant par l’estomac et l’intestin. J’étais inconscient, mais ma femme, qui était présente, m’a raconté qu’en examinant le prélèvement au microscope, les médecins se sont mis à pleurer, car j’avais une forme très rare de cancer du pancréas, guérissable par la chirurgie. On m’a opéré et je vais bien.
Ce fut mon seul contact avec la mort, et j’espère qu’il le restera pendant encore quelques dizaines d’années. Après cette expérience, je peux vous le dire avec plus de certitude que lorsque la mort n’était pour moi qu’un concept purement intellectuel : personne ne désire mourir. Même ceux qui veulent aller au ciel n’ont pas envie de mourir pour y parvenir. Pourtant, la mort est un destin que nous partageons tous. Personne n’y a jamais échappé. Et c’est bien ainsi, car la mort est probablement ce que la vie a inventé de mieux. C’est le facteur de changement de la vie. Elle nous débarrasse de l’ancien pour faire place au neuf. En ce moment, vous représentez ce qui est neuf, mais un jour vous deviendrez progressivement l’ancien, et vous laisserez la place aux autres. Désolé d’être aussi dramatique, mais c’est la vérité.
Votre temps est limité, ne le gâchez pas en menant une existence qui n’est pas la vôtre. Ne soyez pas prisonnier des dogmes qui obligent à vivre en obéissant à la pensée d’autrui. Ne laissez pas le brouhaha extérieur étouffer votre voix intérieure. Ayez le courage de suivre votre cœur et votre intuition. L’un et l’autre savent ce que vous voulez réellement devenir. Le reste est secondaire.
Dans ma jeunesse, il existait une extraordinaire publication The Whole Earth Catalog , l’une des bibles de ma génération. Elle avait été fondée par un certain Stewart Brand, non loin d’ici, à Menlo Park, et il l’avait marquée de sa veine poétique. C’était à la fin des années 1960, avant les ordinateurs et l’édition électronique, et elle était réalisée entièrement avec des machines à écrire, des paires de ciseaux et des appareils Polaroid. C’était une sorte de Google en livre de poche, trente-cinq ans avant la création de Google. Un ouvrage idéaliste, débordant de recettes formidables et d’idées épatantes.

Stewart et son équipe ont publié plusieurs fascicules de The Whole Earth Catalog . Quand ils eurent épuisé la formule, ils sortirent un dernier numéro. C’était au milieu des années 1970, et j’avais votre âge. La quatrième de couverture montrait la photo d’une route de campagne prise au petit matin, le genre de route sur laquelle vous pourriez faire de l’auto-stop si vous avez l’esprit d’aventure. Dessous, on lisait : « Soyez insatiables. Soyez fous. » C’était leur message d’adieu. Soyez insatiables. Soyez fous. C’est le vœu que j’ai toujours formé pour moi. Et aujourd’hui, au moment où vous recevez votre diplôme qui marque le début d’une nouvelle vie, c’est ce que je vous souhaite.
Soyez insatiables. Soyez fous.
Merci à tous.»

Salut Steve…